Le mauvais riche et le pauvre Lazare

22 dimanche après la pentecôte / 7° après la croix Lc 16, 19-31
Ga 6, 11-18 b // 09 Novembre 2025 Vézelay

Cette parabole nous dit : que toute circonstance dans nos vies vient de Dieu. C’est notre discernement face à notre environnement qui sera décisif. Ceci, aussi bien envers nos proches qu’envers le monde du vivant qui nous permet d’être sur notre planète.

En prenant conscience que nous sommes mortels, et que la souffrance, à notre porte, est bien réelle, nous développons l’attention envers notre monde. Cette énergie attentive dépouille les couches profondes de notre quotidien ; et ainsi nous tendons vers plus d’humanité et Dieu entre dans nos vies. C’est le début de l’obéissance à la fois à Dieu et à notre condition terrestre.

Simone Weil dit : Le péché n’est que la méconnaissance de la misère humaine.

L’homme riche méconnait le pauvre Lazare, l’ignore ; Lazare veut dire Seigneur rappelle Saint Augustin. Le riche dans cette parabole n’a pas de nom, or nous existons par notre nom et ne pas avoir de nom c’est être associé à un qualificatif. 

Notre monde tend vers la jouissance spontanée, représenté ici par l’homme riche sans nom ; bien sûr l’homme est fait pour vivre heureux, mais les signes et les prestiges du monde peuvent nous tromper en passant à côté de la miséricorde. 

L’âme du pauvre Lazare nous ouvre à d’autres valeurs ; Lazare nous rappelle que les fruits de prospérité sont l’amour du prochain. 

Lazare représente, la patience et la charité, ces deux qualités permettent d’appliquer le commandement principal « tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Nous venons d’entendre dans Ephésien V, 8-19 Discernez ce qui plaît au Seigneur.. Eveille-toi, toi qui dors, Lève-toi d’entre les morts, et sur toi le Christ resplendira.

Toute cette parabole est basée sur cet acte principal de nous éveiller de notre dormance. Nous recevons la vie et après de nombreuses années la question se pose : que restera-t-il de notre incarnation ? Il reste la distance entre la vie et la mort. Cette distance est notre propre trésor et comme dit Paul : tout ce qui est manifesté est lumière.

Nous pouvons demander à Saint Nectaire d’Egine, que nous fêtons aujourd’hui, d’intercéder pour que nos cœurs s’ouvrent à la compréhension du monde et que le Christ nous touche par nos rencontres afin que nous sachions écouter la parole de Dieu.

Lazare est comme job sur son tas de fumier ; il est dans l’attente active, alors que tous les maux pénètrent son corps. 

Cette parabole, pointe le fait que nous devons être actifs dans le monde des vivants, car cela ne sera plus possible dans le monde des morts. Si l’homme riche avait semé des graines de générosité, dans l’ici et le maintenant, sa conscience se serait ouverte, il aurait participé à une œuvre de salut rien qu’en prêtant attention au pauvre Lazare. 

Vous allez me dire : comment pouvons-nous aider ? Je dirais en prenant exemple sur Marie qui se présente au temple et apporte son enfant. Ce geste d’offrande représente l’humilité dont nous avons tous besoin.

Le temple est le lieu où l’image divine est déposée, chacun d’entre nous l’avons en dépôt. Cette image unique, personne ne pourra la détruire, nous devons veiller et ne pas oublier que nous ne sommes pas seuls, que notre prochain est parmi nous. 

N’attendons pas, ne jugeons pas, mais répondons à l’injustice, à la tyrannie de la mort, car nous faisons parti d’un univers difficile et l’inconséquence nous aveugle. Les choses familières vieillissent, mais notre être, notre conscience en Dieu, ne vieillit pas ; et nous avons la responsabilité, par nos efforts, par notre vigilance, de discerner ce qui est de la vie ou de la mort.