Dimanche du Jugement dernier


Mathieu 25, 31-46, Vézelay Février 2025

Nous sommes au dimanche du jugement dernier face à ce qui est appelé l’eschatologie. J’ai donc envie de vous parler de la parabole des dix vierges si importante lors du carême. Cinq d’entres elles arrivent trop tard et disent : Seigneur, seigneur ouvre-nous ! Mais il répondit : « en vérité je vous le dis je ne vous connais pas. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
Jean Meyendorff dit : « Un vrai Chrétien connaît Dieu par une expérience libre et consciente. C’est l’état de l’homme avant la chute : l’amitié avec Dieu. »
L’amitié avec Dieu signifie, littéralement, aller au-devant. Par ce mouvement nous devenons fidèles envers Dieu, comme envers un ami, nous plaçons toute notre confiance en lui.
Cela paraît simple, mais nous sommes faibles, l’écharde en nous est pugnace. Le manque d’huile des vierges folles, est riche d’enseignement. Au dernier moment, elles se rendent compte qu’elles ne pourront pas entrer, par manque d’huile, elles doivent faire demi-tour. L’absence d’huile est notre manque de discernement, notre ignorance de Dieu. En vivant dans le monde nous devons faire des choix et la parabole des vierges, avec simplicité, nous parle de nos passions. En étant absorbés par les préoccupations du monde, essayons-nous, de nous approcher de Dieu? Or, le carême offre la possibilité de vivre un autre temps, de faire le saut, de la mise à nu de moi-même. Les vierges folles entendent la voix terrible qui dit : « Je ne vous connais pas » .
Elles sont un peu nous-mêmes, comme notre ombre qui se déplace nous colle au corps et nous prouve que nous sommes bien vivants. Nos angoisses, nos souffrances, la perte d’une personne aimée, avec nos moments de douleurs et de bonheurs se confondent et se développent naturellement.
Puis, un jour nous entendons la voix dire : « en vérité Je ne vous connais pas ».
Au psaume 26 il est dit « ne détourne pas de moi ta face, et dans ta colère, ne t’éloigne pas de ton serviteur. » ce que nous entendrons au grand prokiménon du carême.
La transgression peut trouver la délivrance. Il ne faut jamais désespérer car nous pouvons nous retourner et comprendre autrement. La grâce accompagne et panse nos plaies. Nous avons reçu l’huile au baptême nous avons était touché par l’Esprit Saint mais une chose est cachée et relève de la foi. La foi, est l’huile contenue dans la coupe des vierges sages, alors il ne faut pas abandonner, même dans le doute quand l’huile s’en est allée, il y a toujours quelque part la puissance de l’Esprit sauveur.
Jean Meyendorff dit : « Ni le péché originel, ni le salut ne peuvent être réalisés dans la vie personnelle d’un homme sans engager sa responsabilité personnelle et libre. »

Aujourd’hui Mathieu nous donne la clef dans son évangile :
« … Chaque fois que vous l’avez fait à l’un des moindres de mes frères, vous me l’avez fait à moi. »

Notre destin, lié au destin du monde est intimement relié à la qualité d’écoute de notre environnement et à la place que nous faisons dans nos vies, de la présence de Dieu. Mathieu parle de la charité naturelle entre nous ; mais il évoque toute personne, sans porter aucune condamnation selon sa foi, sa race, son ethnie, et ceci s’appelle l’amour. C’est une révolution, que nous demande l’évangéliste, c’est un retournement de nos valeurs. regarder l’image de Dieu en l’autre, c’est oser pénétrer dans nos faiblesses, nos préjugés, afin de comprendre nos possessions et de les délier. Car nous avons toutes et tous nos propres possessions. Les vierges, qu’elles soient sages ou folles, nous invitent à vivre l’attente. Les vigiles, de la résurrection, que nous fêtons tous les samedis, ne sont que l’expression de cette attente, de ce moment joyeux de l’union de l’époux et de l’épouse. Les premiers Chrétiens se réunissaient aux vigiles et se disaient les uns aux autres : « le seigneur est proche. » I cor, XVI 22 ce rapprochement est le miracle jamais déçu des premiers rayons de la résurrection. C’est à nous de créer cette distance avec Dieu, et l’au-delà, car l’eschatologie passe par notre vie dans le monde en disant Seigneur : « ne détourne pas de moi ta face..»

P Rémi