
IIè dimanche de Carême Dimanche de St. Grégoire Palamas 2023
1) La connaissance de Dieu est donnée aux chrétiens par leur
baptême. La pratique de la foi qui développe en nous une
sensibilité spirituelle accompagnée accompagné d’une
mémoire des saintes écritures. Ce sont deux aspects de notre
participation dans la vie de Dieu.
2) Dieu est complètement inaccessible par essence. La
transcendance de Dieu est partout constatée. En créant ex
nihlo, à partir de rien, tout ce qui existe n’existe que par Sa
volonté, par Ses énergies. Mais justement l’homme par
l’énergies reçues de Dieu communie par la grâce.
3) La distinction entre essence et énergies de Dieu chez St.
GrégoirePalamas et d’autres pères de l’église est une façon
de dire que Dieu est totalement transcendant par son essence
mais par Sa volonté immanente à notre monde qu’il a créé
par ses énergies. C’est pourquoi le 6è Concile Oec. 1 (681)
clarifia la foi en Christ en montrant que Sa personne possède
deux natures humane et divine et donc deux volonté et
énergies. Qu’est cela veut dire ? L’humanité du Christ
incarné, sa Nature c’est donc une humanité nous unissant à
Dieu. Elle est toute pénétrée de l’énergie divine car les trois
personnes de la Sainte Trinité s’interpénètrent les unes aux
autres. C’est ainsi que à travers les énergies divines dont le
Christ est pénétrées notre humanité à accès à Dieu. Elles
développent notre vie en Dieu. Et cette foi, cette expérience
constitue un humanisme spécifiquement Chrétienne, centré
sur Dieu. Puisque il devient un seul corps avec nous il fait de nous le temple de sa Divinité. Ainsi sur le Mt. Thabor lors de
la Transfiguration du Christ nous chantons : « Dans ta
lumière aujourd’hui au Thabor, nous avons vu le Père
comme lumière et aussi l’Esprit comme lumière (car) tu as
dévoilé un éclat indistinct de ta Divinité.
. En 681 (« in Trullo) les évêques furent appelés à se réunir de nouveau, à Constantinople, pour
examiner une nouvelle forme du monophysisme et se prononcer sur elle : l’hérésie des monothélites
(du grec: « une seule volonté) ; ces derniers prétendaient en effet que : » puisqu’en Christ il y a deux
natures, en une seule personne, il n’y aurait alors, en lui, qu’une seule volonté » (la divine) ; les
monothélites attaquaient ainsi la plénitude de l’humanité du Christ ; ce fut là l’objet principal du
SIXIEME concile œcuménique.
Sermon Triomphe de l’Orthodoxie 2023
Le Cardinal Daniélou écrit que la souffrance est le seul point de rencontre entre le mal et
l’innocence. Alors ? Est-ce que je peux ainsi réaliser que la souffrance du Christ, lorsqu’Il est
dans le jardin de Gethsémani et qu’il refuse d’abandonner sa solidarité avec son Père, serait
du même ordre ? Est-ce que je peux comparer, dans cette même réalité, le destin des
cinquante milliers de victimes des récents séismes en Syrie et en Turquie ? Cette réflexion, à
la lumière de nos icônes, peut se comprendre. Quand Pierre, Jacques et Jean montent au
Thabor, ils n’ont pas encore réalisé que bientôt le Maitre sera crucifié. Saint Pierre ne sait pas
que bientôt il va renier le Christ par trois fois, et que ses disciples l’abandonneront. Non, au
jardin de Gethsémani, les trois disciples dorment, découragés.
Est-ce que nous-mêmes nous ne voulons pas endormir notre angoisse à la vue des souffrances
insupportables qu’enduraient récemment et que vivent encore maintenant les victimes de ces
séismes ?
Je crois que les icônes et la théologie qui les soutiennent, à savoir la miséricorde et l’amour de
Dieu, nous atteignent dans notre chair, nos yeux, dans tous nos sens. Elle permet d’envisager
autrement le destin de ces victimes innocentes. Ils ont en Dieu encore le même destin que
Dieu avait pour eux lorsque qu’Il les avait créés et fait entrer dans ce monde. Car Dieu est
juste dans toutes ces voies, comme le dit St. Jean dans l’Apocalypse. Une attitude
eschatologique, dès à présent, permet de voir, tel St. Etienne lors de sa lapidation, que Dieu
l’aime, et de même, que Dieu aime ces victimes et que cet amour est préférable à la vie avec
un petit « v ».
Devant le don de la vie il nous faudrait, toujours, une très grande humilité. (d’après Met.
Antoine 2022)
La croix de San Damiano
Le dimanche 29 mai, la croix nouvellement installée dans la chapelle des
franciscains de La Cordelle, a été bénie devant une nombreuse assemblée où
vézeliens et visiteurs se mêlaient.
Cette croix avait été commandée par les frères de La Cordelle à Françoise Buire,
membre de notre paroisse.
Il s’agissait pour les franciscains d’une double démarche : à la fois avoir enfin
une « vraie » croix dans leur chapelle (la précédente étant une photo de
l’original collée sur du carton) et qu’elle soit installée au moment où les frères
s’apprêtent à commencer des travaux d’agrandissement de leur couvent. Ils
tiennent à ce que leur nouvelle vie s’enracine dans la Croix.
La croix, dite de San Damiano parce qu’elle se trouve dans la chapelle du même
nom, à Assise, a été réalisée au XIIe siècle par un iconographe syrien. Elle est
un bel exemple du mariage de l’Art byzantin et de l’Art Roman, où le Christ est
représenté crucifié et ressuscité. C’est en priant devant cette croix que St
François a vécu une véritable conversion et a entendu le Christ s’adresser à lui
en lui demandant de « reconstruire son église » (ce que François a également
compris par « reconstruire son Eglise »).
Elle est donc devenue LA croix des Franciscains.



« Nous n’avons pas d’autre camp que celui des innocentes victimes ». Message de notre Séminaire au sujet de la guerre en Ukraine
Le Séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève d’Epinay-sous-Sénart, où Russes et Ukrainiens vivent en harmonie depuis plus d’une décennie, n’a d’autre camp dans cette guerre que celui de ses innocentes victimes.
Nous croyons que c’est la paix et non la guerre qui établit la justice. Et à l’inverse nous voyons dans toute déclaration de guerre un progrès de l’injustice.
Nous croyons exclusivement en l’Église une, sainte, catholique et apostolique, et pour cela nous faisons profession de ne croire à aucun empire humain, comme de récuser toute forme d’impérialisme.
Nous ne reconnaissons l’existence des nations que pour la paix et la sécurité qu’elles procurent aux hommes dont la véritable citoyenneté est à nos yeux céleste. Pour cette raison nous voyons en tout nationalisme une forme d’idolâtrie.
Nous prions pour que cessent, avec cette guerre, les combats, les bombardements et les destructions. Et nous prions pour que le pardon rétablisse la paix entre deux peuples frères.
Nous prions pour que la voix des artisans de paix soit entendue par les autorités de la Fédération de Russie, et qu’elles mettent fin à leur sanglante offensive.
Nous prions pour les morts, et nous nous tenons prêts à accueillir, consoler et réconforter les vivants.
Nous faisons le serment de poursuivre, quelles que soient les circonstances, notre œuvre de rapprochement fraternel entre les peuples russe, ukrainien et français.

War in Ukraine : a personal reaction, Fh. Stephen Headley
I emigrated to France fifty years ago. Fh. John Myendorff then directed me
towards a Moscow Patriarchate parish in Paris where I stayed twenty five
years becoming a deacon and later a priest. I benefitted greatly from my
contacts with the Russian immigration here and especially from some ten
trips to Russian where I prayed and made friends. The spiritual strength of
the Church strengthened me. I even wrote a book (Christ after Communism,
2010) about how three parishes in Moscow opened in the new freedom of
the post-Soviet era.
I never presumed to understand what it could be like to be a Russian
Orthodox in the heavy aftermath of Poutine’s ascension. For me it was
simply Christ’s Patriarchate in a tight corner, but still courageous and
faithful. Now along with many others, I feel that the Patriarch and those
around him have failed their calling and lost their authority. This probably
happened slowly over the years but was not visible till they lost their
dignity. I intend to remain in the Patriarchate and pray for all as in the past
but I need to say that they have lost my respect. I am of saddened by this
victory of ideology over Christian faith. I do not have deal with this on a
daily basis as they do but my empathy deserves a voice. So what I say is not
out of anger , righteous indignation but sadness which they certainly feel
themselves since they have committed themselves in compromises that for
us our unacceptable. Obviously what is more urgent is our prayers and aid
for all who have been devastated by bullets, bombs and the silence of the
bishops of their Church: “For the peace from above and the salvation of
our souls let us pray to the Lord.”
La guerre en Ukraine : une réaction personnelle, Fh. Stephen Headley
J’ai émigré en France il y a cinquante ans. Fh. John Myendorff m’a ensuite
dirigé vers une paroisse du Patriarcat de Moscou à Paris où je suis resté
vingt-cinq ans devenir diacre et plus tard prêtre. J’ai beaucoup bénéficié de
mes contacts avec l’immigration russe ici et surtout de quelques dix voyages
en Russie où j’ai prié et fait des amis. La force spirituelle de l’Église m’a
renforcé. J’ai même écrit un livre (Christ après le communisme, 2010) sur la
façon dont trois paroisses de Moscou ont ouvert dans la nouvelle liberté de
l’ère post-soviétique.
Je n’ai jamais présumé comprendre ce que cela pouvait être d’être un
orthodoxe russe après l’ascension de Poutine. Pour moi, c’était simplement
le patriarcat du Christ dans un coin serré, mais toujours courageux et
fidèle. Maintenant, avec beaucoup d’autres, je sens que le Patriarche et
ceux qui l’entourent ont manqué à leur appel et ont perdu leur autorité.
Cela s’est probablement produit lentement au fil des ans, mais n’était pas
visible jusqu’à ce qu’ils perdent leur dignité. J’ai l’intention de rester dans
le Patriarcat et de prier pour tous comme par le passé, mais je dois dire
qu’ils ont perdu mon respect. Je suis attristé par cette victoire de l’idéologie
sur la foi chrétienne. Je n’ai pas affaire à cela tous les jours comme ils le
font, mais mon empathie mérite une voix. Donc ce que je dis n’est pas par
colère , indignation juste mais tristesse qu’ils se sentent certainement eux-
mêmes depuis qu’ils se sont engagés dans des compromis que pour nous
notre inacceptable. Ce qui est évidemment le plus urgent, c’est notre prière
et notre aide à tous ceux qui ont été dévastés par les balles, les bombes et le
silence des évêques de leur Église : « Pour la paix d’en haut et le salut de
nos âmes, prions le Seigneur. »